En octobre 2025, les médias ont largement relayé le vote, à l’Assemblée nationale, d’un amendement proposant de défiscaliser la pension alimentaire pour les parents bénéficiaires. Une annonce qui a suscité beaucoup d’espoir chez les familles monoparentales. Pourtant, cette réforme n’a pas survécu au parcours législatif : supprimée du texte final adopté via le 49.3, elle n’a jamais été publiée au Journal officiel et n’est donc pas applicable aujourd’hui.
Alors, qu’est-ce qui change réellement pour votre déclaration 2026 sur les revenus 2025 ?
Votre avocate en droit de la famille fait le point pour vous sur les règles fiscales en vigueur.
Ce que prévoyait la réforme de 2025
En octobre dernier, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, les députés ont adopté un amendement porté par le groupe Écologiste et Social. L’objectif affiché était de mettre fin à une asymétrie fiscale jugée injuste pour les familles monoparentales et celles issues d’un divorce avec jugement sur la pension alimentaire.
Concrètement, voici ce que cette réforme proposait :
- Pour le parent bénéficiaire : la pension alimentaire versée pour un enfant mineur n’aurait plus été imposable, dans la limite de 4 000 € par enfant et 12 000 € par an.
- Pour le parent débiteur : en contrepartie, il n’aurait plus pu déduire les sommes versées de son revenu imposable.
Ce texte n’a toutefois pas franchi toutes les étapes nécessaires à son entrée en vigueur. Rejetée lors du vote de l’Assemblée le 21 novembre, la mesure a ensuite été exclue du texte définitif adopté par le gouvernement via l’article 49.3.
Sans publication au Journal officiel, aucune nouvelle règle fiscale sur la pension alimentaire n’est donc applicable pour la déclaration de vos revenus 2025.
Le régime fiscal en 2026 : les règles qui s’appliquent aujourd’hui
Pour votre déclaration de revenus 2025 à effectuer au printemps 2026, le système fiscal reste celui que vous connaissez.
Votre enfant est mineur
Le traitement fiscal dépend du mode de garde.
En cas de garde exclusive, le parent débiteur (celui qui verse la pension) peut déduire les sommes versées de son revenu imposable. Le parent bénéficiaire, lui, doit déclarer ces sommes comme un revenu supplémentaire, dans la rubrique « pensions, retraites et rentes » de sa déclaration.
En cas de garde alternée, aucune pension alimentaire n’est déductible. L’avantage fiscal est déjà pris en compte via la majoration du quotient familial.
Votre enfant est majeur
C’est ici que la loi de finances 2026 apporte une modification concrète : les plafonds de déduction ont été revalorisés.
Pour votre déclaration 2026 portant sur les revenus 2025, voici les montants applicables :
- Si votre enfant vit chez vous : déduction forfaitaire de 4 075 € par enfant pour le logement et la nourriture, sans justificatif (8 150 € s’il est marié ou pacsé). Les autres dépenses justifiées (frais de scolarité, etc.) sont déductibles dans la limite globale de 6 855 € par enfant.
- Si votre enfant ne vit pas à votre domicile : les dépenses réellement engagées et justifiées sont déductibles dans la limite de 6 855 € par enfant (ce montant peut être doublé si l’enfant est marié ou pacsé et que vous assumez seul son entretien).
À noter : votre enfant majeur doit déclarer de son côté la pension alimentaire que vous lui versez, à hauteur du montant que vous déduisez.
La revalorisation de la pension alimentaire en 2026 : une obligation qui s’applique toujours
Si votre pension alimentaire a été fixée par une décision de justice incluant une clause d’indexation, son montant doit être revu à la hausse chaque année pour suivre l’évolution des prix. C’est ce que l’on appelle revaloriser sa pension alimentaire.
Comment calculer la revalorisation ?
Le calcul de la pension alimentaire s’effectue à partir de l’indice de référence INSEE. Si vous êtes le parent débiteur, c’est à vous de recalculer le montant et de verser spontanément la pension revalorisée, sans attendre une demande de l’autre parent.
Si vous vous demandez comment revaloriser une pension alimentaire, vous pouvez vous référer à l’outil de calcul pension alimentaire de l’insee.
Que se passe-t-il en cas de désaccord sur le montant ?
Si les deux parents ne s’accordent pas sur le montant revalorisé, ou si la situation familiale a évolué (changement de revenus, modification de la garde), il est possible de saisir le juge aux affaires familiales pour demander une révision de la pension alimentaire. Cette démarche nécessite d’apporter la preuve d’un changement de circonstances significatif depuis la décision initiale.
Ce que l’on peut attendre pour la suite
La question de la défiscalisation de la pension alimentaire reste un sujet politique actif. Un amendement similaire avait déjà été adopté lors du budget 2025, avant d’être lui aussi écarté par le recours au 49.3. La mesure pourrait donc être représentée lors d’un prochain projet de loi de finances.
Pour les familles concernées, la vigilance s’impose : si une telle réforme venait à être publiée au Journal officiel, elle modifierait en profondeur la gestion fiscale de la pension alimentaire, aussi bien côté bénéficiaire que côté débiteur.
En attendant, les règles actuelles continuent de s’appliquer. Il n’est donc pas nécessaire d’anticiper un changement de comportement fiscal à ce stade.
La fiscalité de la pension alimentaire en 2026 peut être complexe à cerner, surtout au regard des nombreuses annonces législatives de ces derniers mois. Que vous soyez parent débiteur ou bénéficiaire, il est important de faire le point sur votre situation avant de remplir votre déclaration de revenus.
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